Sommaire
Comparer des logiciels de gestion est difficile pour une raison simple : ils affichent tous les mêmes fonctions sur leur page d'accueil. Devis, factures, planning, suivi de chantier. La différence n'apparaît qu'au moment où on gratte, et gratter suppose de savoir quoi demander.
Cet article ne compare aucun éditeur et n'en nomme aucun. Il donne les sept questions qui séparent réellement les outils pour une entreprise du bâtiment, avec ce qu'une bonne réponse contient. Posez-les à qui vous voulez, y compris à nous.
1. Par quelle plateforme agréée passez-vous, et figure-t-elle sur la liste officielle ?
C'est la question la plus discriminante de 2026, et la plus facile à vérifier.
À partir du 1er septembre 2026, les factures entre entreprises transitent par une plateforme agréée : un opérateur immatriculé par l'administration fiscale, pour trois ans renouvelables. Il n'existe pas de « certification » de plateforme, et l'administration publie deux listes : les opérateurs définitivement immatriculés, et ceux dont le dossier est complet mais qui attendent encore.
Une bonne réponse nomme la plateforme et vous laisse vérifier vous-même sur la liste publique. Une réponse évasive parle de « conformité 2026 » sans jamais nommer d'opérateur, ou emploie le mot « certifié ».
Le calendrier complet est détaillé dans notre article sur la facturation électronique 2026.
2. Comment gérez-vous plusieurs taux de TVA sur un même document ?
Un chantier de rénovation mélange couramment du 10 % et du 20 %, parfois du 5,5 %. Ce n'est pas un cas limite, c'est l'ordinaire du bâtiment.
Une bonne réponse montre un devis réel avec des taux par ligne et des sous-totaux par taux. Une réponse évasive dit « on gère la TVA » sans montrer le cas multi-taux.
Les règles sont détaillées dans notre article sur les devis à plusieurs taux de TVA, et le taux réduit est défini dans le glossaire.
3. Gérez-vous l'autoliquidation en sous-traitance ?
Si vous intervenez comme sous-traitant sur des travaux immobiliers, votre facture ne porte pas de TVA exigible et doit faire apparaître la mention « autoliquidation ». Beaucoup d'outils généralistes ne connaissent tout simplement pas ce régime, parce qu'il est propre au bâtiment.
Une bonne réponse sait de quoi vous parlez sans que vous ayez à l'expliquer. Une réponse évasive vous propose d'ajouter une ligne de commentaire à la main.
Voir la définition de l'autoliquidation.
4. Les mentions obligatoires sont-elles paramétrées une fois, ou à ressaisir ?
Une facture BTP porte des mentions qui ne changent jamais : identité de l'entreprise, mention « Entrepreneur individuel » le cas échéant, numéro au répertoire des métiers, et surtout les références de votre assurance professionnelle : assureur, contrat, garant, couverture géographique.
Cette dernière est propre aux artisans et régulièrement absente des modèles génériques.
Une bonne réponse montre où ces champs se règlent au niveau du compte, et confirme qu'ils apparaissent sur chaque document sans intervention. Une réponse évasive vous renvoie vers un modèle à personnaliser.
La liste complète est dans notre article sur les mentions obligatoires d'une facture BTP.
5. Les conditions de règlement sont-elles complètes par défaut ?
Quatre lignes décident si vous pouvez réclamer quelque chose en cas de retard : date d'échéance, conditions d'escompte (à renseigner même par « néant »), taux des pénalités, et indemnité forfaitaire de 40 euros.
Sans elles, réclamer devient nettement plus difficile. C'est le sujet de notre article sur les factures impayées.
Une bonne réponse montre ces quatre lignes présentes par défaut sur une facture d'exemple. Une réponse évasive considère que c'est à vous de les écrire.
6. Que se passe-t-il pour mes données si je pars ?
C'est la question qu'on oublie de poser au moment où on signe, et la seule qui compte au moment où on veut partir.
Une bonne réponse annonce un export complet, dans un format ouvert, récupérable sans intervention du support et sans frais. Une réponse évasive parle d'un export « sur demande », ou d'un format propriétaire.
Demandez aussi combien de temps vos données restent accessibles après résiliation, et où elles sont hébergées.
7. Qu'est-ce qui n'existe pas encore ?
La plus utile des sept, et celle qui met le plus mal à l'aise.
Tout éditeur a une feuille de route, et tout éditeur a des fonctions annoncées qui ne sont pas livrées. Ce qui distingue un interlocuteur fiable n'est pas d'avoir tout livré : c'est de savoir dire ce qui n'existe pas encore, et à quelle date c'est prévu.
Une bonne réponse distingue clairement ce qui est disponible aujourd'hui de ce qui est prévu, avec des dates quand elles existent. Une réponse évasive présente tout au présent.
Ce qu'Artinova construit
En cours de créationNous appliquons cette règle à nous-mêmes : la page Fonctionnalités ne présente que les modules ayant une date de mise à disposition, et tout ce qui n'en a pas est renvoyé sur la feuille de route. C'est aussi pour cette raison que cet article ne nomme aucun concurrent : un comparatif écrit par un éditeur n'est pas un comparatif.
Trois signaux qui doivent alerter
- Un comparatif hébergé par un éditeur qui le place en tête. Plusieurs comparateurs du secteur sont édités par des acteurs qu'ils comparent.
- Le mot « certifié » appliqué à une plateforme de facturation électronique. Le terme officiel est « agréée », par immatriculation. Ce n'est pas un détail de vocabulaire : c'est un indice sur le sérieux de la veille réglementaire.
- Une démonstration qui ne montre jamais un cas réel, seulement des captures d'écran génériques.
Ce que ces questions ne couvrent pas
Le prix n'y figure pas volontairement. Non pas qu'il soit secondaire, mais parce qu'il n'est comparable qu'une fois les six premières questions répondues : un outil moins cher qui ne gère ni l'autoliquidation ni le multi-taux vous coûtera plus, en temps et en erreurs.
Le choix dépend aussi de votre activité réelle : nombre de salariés, part de sous-traitance, type de chantiers. Sur les aspects fiscaux et comptables de ce choix, votre expert-comptable a un avis qui vaut mieux que n'importe quel article.
Ce qu'il faut retenir
Sept questions, dont trois sont propres au bâtiment : la plateforme agréée et sa présence sur la liste officielle, le multi-taux de TVA, l'autoliquidation. Deux portent sur ce qui protège votre trésorerie : les mentions obligatoires et les conditions de règlement. Une porte sur votre liberté de partir. Et la dernière, la plus révélatrice, porte sur ce que l'éditeur admet ne pas encore avoir livré.
Pour aller plus loin
- Facturation électronique 2026 : ce qui change pour un artisan
- Mentions obligatoires d'une facture BTP
- Facture impayée : ce que vous pouvez réclamer
- Le glossaire du bâtiment et de la facturation électronique
Les termes réglementaires employés ici sont définis et sourcés dans notre glossaire, à partir de pages officielles consultées le 16 août 2026.