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Sur les dix artisans que nous avons rencontrés depuis juin 2026, les budgets logiciels vont de 15 euros par mois à 300 euros par mois, avec un artisan installé depuis trente ans à 340 euros par an.
Ce sont des écarts d'un facteur vingt entre des entreprises qui exercent des métiers voisins. Ils ne s'expliquent ni par la qualité des outils, ni par la taille des entreprises seule. Ils s'expliquent surtout par ce que chacun utilise réellement.
Cet article rapporte ce que nos entretiens montrent. Ce ne sont pas des statistiques de marché, ce sont des observations sur dix entreprises.
Le cas qui résume tout
Une entreprise de plomberie et chauffage rencontrée utilise un logiciel facturé environ 300 euros par mois, avec une tarification par siège, un siège par technicien et par personne à l'administratif.
Interrogée sur les fonctions qu'elle utilise, la réponse tient en trois mots : planning, devis, facturation.
Ce qu'elle n'utilise pas, en revanche, occupe une liste plus longue : statistiques et reporting, achats, gestion des stocks, gestion commerciale, relances clients, contrats, gestion des tâches.
Sept modules payés, trois modules utilisés.
Ce que dit le terrain
Interrogée sur l'intérêt d'une gestion des tâches, la personne a répondu : « Je ne sais pas, il faudrait voir à l'usage. » Elle n'est pas fermée, elle n'a simplement jamais identifié ce besoin.
C'est le retour d'une entreprise sur les dix rencontrées. Il montre un mécanisme, pas une proportion du marché.
Pourquoi on paie pour ce qu'on n'utilise pas
Trois raisons ressortent des entretiens, et aucune ne relève de la négligence.
La tarification par siège. Quand le prix suit le nombre de personnes plutôt que l'usage, une entreprise qui grandit paie mécaniquement davantage, y compris pour des modules auxquels ses techniciens ne toucheront jamais.
Les modules vendus en bloc. Beaucoup d'offres empaquettent le nécessaire avec l'accessoire. On ne choisit pas de payer la gestion des stocks, on la reçoit avec le planning.
Le coût de sortie. L'artisan installé depuis trente ans utilise le même logiciel depuis presque aussi longtemps, pour 340 euros par an. Sa bibliothèque de prestations, de matériaux et de prix y est construite. Changer ne coûte pas un abonnement, cela coûte trente ans de travail.
L'autre extrémité : 15 euros par mois
À l'opposé, un ramoneur travaillant seul utilise un outil de facturation à environ 15 euros par mois. Il y crée ses devis et ses factures, enregistre un acompte, le déduit de la facture finale, note le mode de paiement et marque manuellement les documents comme encaissés.
Le reste de son organisation tient dans un calepin et dans sa mémoire : demandes clients, suivi des prospects, relances.
Ce n'est pas un choix par défaut. Pour une personne seule sur des prestations courtes, l'outil couvre ce qui doit l'être, et le reste tient encore dans une tête. La question devient différente le jour où le volume augmente, pas avant.
Comment savoir ce que vous payez pour rien
Quatre questions à se poser sur sa propre facture, sans changer d'outil.
- Quelles fonctions ai-je ouvertes ce mois-ci ? Pas « lesquelles pourraient me servir », lesquelles j'ai réellement ouvertes.
- Le prix suit-il mon usage ou mon effectif ? Une tarification par siège se compare mal à une tarification par entreprise.
- Combien de sièges sont attribués à des personnes qui n'ouvrent jamais le logiciel ? C'est la ligne la plus fréquemment surdimensionnée.
- Que se passe-t-il si je pars ? Un abonnement bon marché avec un export impossible coûte plus cher qu'un abonnement plus élevé avec des données récupérables.
La quatrième est celle qu'on oublie de poser au moment de signer, et la seule qui compte au moment de partir.
Le prix n'est pas le premier critère
Cela peut surprendre dans un article sur le coût, mais nos entretiens le montrent nettement.
Un outil moins cher qui ne gère ni les taux de TVA multiples, ni l'autoliquidation en sous-traitance, ni les mentions obligatoires paramétrées au niveau du compte vous coûtera davantage, en temps de correction et en risque. Nous détaillons ces critères dans notre article sur les questions à poser à un éditeur.
Le prix ne devient comparable qu'une fois ces points vérifiés. Comparer deux abonnements sans savoir ce qu'ils couvrent revient à comparer deux devis sans savoir ce qu'ils incluent, ce qu'aucun artisan n'accepterait de la part d'un client.
Ce qu'Artinova construit
En cours de créationLe tarif d'Artinova n'est pas encore fixé. Nous discutons des conditions individuellement avec les premiers bêta-testeurs, selon leur activité. Annoncer un prix avant d'avoir livré serait aussi peu sérieux que le reste de ce que cet article dénonce.
Ce qu'il faut retenir
Les budgets observés vont de 15 euros par mois à 300 euros par mois. Une entreprise paie sept modules et en utilise trois. La tarification par siège fait grimper la facture avec l'effectif, pas avec l'usage. Le vrai coût de changement n'est pas l'abonnement, c'est la bibliothèque de prix qu'on a mis des années à constituer. Et le prix ne se compare utilement qu'après avoir vérifié ce que l'outil couvre réellement de votre métier.
Pour aller plus loin
- Choisir un logiciel de gestion : les questions à poser
- Combien de temps coûte vraiment un devis
- Export comptable : ce que votre expert-comptable attend
- Les métiers que nous avons rencontrés
Les montants cités viennent de nos entretiens terrain, menés depuis juin 2026 auprès de dix artisans du bâtiment. Aucun éditeur n'est nommé : cet article porte sur des structures de coût, pas sur des marques.