Débours ou frais refacturés ?
Mis à jour le
Vous avancez 300 € pour le compte de votre client, puis vous les lui réclamez. Est-ce un débours ? Pas forcément. Et la différence ne tient pas à la présence d'une marge.
La réponse courte
Un débours est une somme que vous avez payée au nom et pour le compte de votre client, en vertu d'un mandat, et que vous vous faites rembourser à l'euro près. Elle est exclue de votre base de TVA.
Une refacturation de frais est une dépense que vous avez engagée pour votre propre activité, et que vous répercutez dans votre prix. Elle fait partie de votre chiffre d'affaires et suit la TVA de votre prestation, même si vous ne prenez aucune marge.
La confusion à éliminer
« Je le refacture à l'euro près, donc c'est un débours. »
C'est faux, et c'est l'erreur la plus fréquente. L'absence de marge n'est pas un critère. Elle ne remplace ni le mandat, ni le fait que la dépense appartienne juridiquement au client, ni le justificatif établi à son nom.
Une dépense nécessaire à votre propre prestation reste dans votre prix, même refacturée sans marge.
Les conditions d'un vrai débours
Elles se cumulent. Il suffit qu'une seule manque pour que ce n'en soit pas un.
- Un mandat préalable et explicite. Votre client vous a demandé, avant la dépense, d'agir en son nom. Un mandat ne se présume pas et ne se reconstitue pas après coup.
- Une dépense engagée au nom et pour le compte du client. Pas en votre nom.
- Un justificatif au nom du client. La facture du tiers doit permettre d'établir que la dépense le concerne.
- Un remboursement du montant exact. Ni marge, ni coefficient, ni forfait.
- Une reddition de compte. Vous rendez compte précisément de la dépense et pouvez en justifier la nature et le montant.
- Un traitement comptable distinct, en comptes de tiers, et non comme une vente ordinaire.
Ce qui n'est presque jamais un débours
Les charges que vous supportez pour exécuter votre marché :
- le carburant et les frais de déplacement de vos équipes ;
- le petit outillage et sa location ;
- les repas ;
- les matériaux achetés en votre nom, même revendus sans marge ;
- le coût de mise en décharge supporté en votre nom ;
- les sous-prestations que vous commandez pour réaliser votre propre prestation.
Tout cela peut être refacturé. Mais cela reste dans votre prix, et donc dans votre base de TVA.
Ce qui peut en être un
Typiquement, une taxe ou une formalité administrative payée au nom du maître d'ouvrage en vertu d'un mandat, ou une dépense dont la facture du tiers est réellement établie au nom du client et que vous ne faites qu'avancer.
Un exemple de chaque
Hypothèses illustratives. Elles montrent un raisonnement et ne qualifient pas votre situation.
Cas qui peut constituer un débours. Avant le chantier, le propriétaire vous mandate par écrit pour commander en son nom un diagnostic auprès d'un diagnostiqueur indépendant. Le diagnostiqueur établit sa facture au nom du propriétaire. Vous avancez 300 € TTC, vous remettez le justificatif au client et vous récupérez exactement 300 €. Les conditions peuvent être réunies.
Cas qui n'en est pas un. Vous achetez 1 000 € de plaques de plâtre chez votre fournisseur, qui vous facture à votre nom. Vous les portez à 1 000 € sur la facture du client, sans marge. Ces matériaux servent votre propre prestation, le fournisseur n'a pas facturé le client, et vous n'agissiez pas comme son représentant. Ce n'est pas un débours, même sans marge.
Le point décisif n'est pas la nature de la dépense : c'est l'organisation juridique réelle de l'opération.
Comment cela apparaît sur la facture
Un débours se présente séparément, avec la référence au justificatif, et il n'entre pas dans la base taxable.
Ce qu'il ne faut pas faire : créer une ligne « Débours » à 0 % de TVA. Ce serait présenter comme une vente taxée à taux nul ce qui est en réalité exclu de la base. Les deux ne sont pas équivalents.
Erreurs fréquentes
- Prendre l'absence de marge pour le critère.
- Requalifier après coup une dépense déjà engagée en votre nom.
- Utiliser une ligne à 0 % au lieu d'une exclusion de base.
- Ajouter un forfait de gestion au montant, ce qui détruit la qualification.
- Ne pas conserver le justificatif du tiers.
- Traiter le débours comme une vente ordinaire en comptabilité.
Les points à valider avec votre expert-comptable
- La forme du mandat que vous utilisez, et son moment.
- Le traitement comptable exact des sommes concernées.
- La façon de faire figurer un débours dans une facture électronique : la représentation structurée précise n'est pas tranchée de façon suffisamment claire par les sources publiques accessibles, et ne doit pas être choisie au hasard.
En résumé
- Un débours suppose un mandat préalable et explicite.
- La dépense doit appartenir juridiquement au client.
- Le justificatif doit être à son nom.
- Le remboursement est exact, sans marge ni forfait.
- L'absence de marge ne suffit jamais.
- Un débours s'exclut de la base de TVA, il ne se facture pas à 0 %.
Pour aller plus loin
Sources officielles, consultées le 23 septembre 2026 : BOFiP, éléments exclus de la base d'imposition et BOFiP, débours et frais exposés au nom d'autrui.
Périmètre et mise à jour
Ces informations concernent la France métropolitaine et reflètent l'état du droit connu au 23 septembre 2026, date affichée en haut de cette page. Les règles fiscales et les calendriers évoluent : si vous lisez cet article bien après cette date, vérifiez les sources officielles citées.
Cet article a été rédigé à partir de sources publiques. Il n'a pas été relu par un expert-comptable et ne remplace pas un conseil adapté à votre situation.
Cette réponse vous a-t-elle aidé ?
Vous n'avez pas trouvé votre réponse ?
Contactez notre équipe, nous vous répondrons par e-mail.
Contacter le support